Wednesday, 20 July 2011

Mon temps en France

De quoi écrirai-je aujourd’hui ? Ça fait plusieurs semaines que je n’ai pas écrit dans ce blog alors on dirait que ce serait facile de trouver un sujet duquel je peux écrire. Mais, quand même, mon esprit se trouve coincé dans une impasse : l’inspiration m’évite et il n’y a pas d’évidence que je pourrai le surmonter. Au lieu de parler d’un sujet culturel (vu que je n’ai rien fait de culture à part regarder la moitié du film « Un Prophète »), peut-être ce serait une bonne idée de mes expériences formatives françaises.

Lapalisse
Sans compter les vacances familiales de ma jeunesse, la première fois que j’ai passée une période étendue en France était en 2006 : l’été après que j’aie passé mon Brevet. Un ami de mon père, Claud Saulnier, a organisé un échange avec une famille qu’il connaissait en France. Mon homologue français s’appelait Eric Lefevre, il avait mon âge et, avec sa famille, il habitait dans un très petit, et vraiment joli, village, nommé Lapalisse, dans le sud du pays, environ deux heures de la ville de Lyons. Ils habitaient vraiment en pleine campagne, loin de la mer et loin de le sens d’urbanité à laquelle j’ai été très habitué et, pour magnifier le sens de séparation de mes racines irlandaises, la chaleur était si brouillant qu’il aurait été possible de cuire un œuf sur la terre (bhí sé ag scoilteadh na gcloch, comme on dit en Irlande !). Au milieu d’une canicule quand je suis arrivé, le village vivait des températures d’entre trente et quarante degrés chaque jour et moi, le garçon irlandais qui n’a connu que si rarement des telles températures et qui avait l’impression d’être dans un four dès qu’il est descendu de l’avion, j’étais sur le point de crever de chaud tous les jours. Au moins, pensai-je, l’Enfer n’était plus une idée intimidante !

Son temps ici
Avant de partir en France, Eric est venu ici pour passer deux semaines avec ma famille à beau Greystones, pour apprendre un peu d’anglais (il parlait déjà assez bien notre langue, donc la communication, bien que parfois guindée, était, pour la plupart, assez facile). Pendant son temps ici, et pendant tout de notre temps ensemble, on s’est assez bien entendu mais, quand même, il faut avouer que nos personnalités n’étaient pas faites l’une pour l’autre : par exemple, Eric se passionnait du foot bien que je ne sois pas intéressé au sport du tout. Pourtant, il était un garçon poli et tranquille donc ce n’était jamais une lutte de passer du temps avec lui.

Mon temps là-bas
Au moment de mon arrivée en France, bien que loin de ma maison, et sans mes parents, pour la première fois dans ma vie, je me sentais à l’aise avec la famille d’Eric – on entend souvent le cliché que les français du sud sont très accommodants, accueillants, et amicaux : pour moi, c’était la réalité. Tous les soirs, la famille a mangé ensemble (la cuisine française traditionnelle – une expérience qui m’a vraiment ouvert les yeux !) et a bavardé pendant deux ou trois heures après le dîner. Pour moi, habitué aux repas courts, c’était tout à fait différent de consacrer beaucoup de temps à s’asseoir autour du tableau. Le sens de famille qui a émané de ces dîners était curieux pour moi (dû au fait que c’était une expérience tellement différente pour moi – le sens de famille n’était ni mieux ni pire que mes expériences familiales en Irlande, juste différent !).

Mais la nourriture… Oh, là là ! Ici, on trouve la définition d’un mélange culturel ! Je n’avais jamais mangé des telles choses dans ma vie : des choses que, avant cet échange, je ne savais même pas qu’on pouvait manger. Bien que cela m’ait aidé à ouvrir les yeux et à me rendre compte qu’il y avait un monde entier dehors de la côte d’Irlande, j’ai été frappé parfois par les divisions culturelles que plein de monde n’ont rarement l’occasion de découvrir. Le souvenir le plus fort était, sans doute, l’expérience de manger le « foie gras » – le foie d’un canard ou une oie alimenté de force pendant plusieurs semaines. Le foie gras est célèbre en France, et coûte vraiment cher à acquérir (un fait qui l’a rendu impossible pour moi à en plaindre quand il m’était servi !). Le goût était, franchement, dégoûtant et, avec cela, ils m’ont donné du vin local à boire aussi. Je n’avais pas l’habitude de boire le vin, encore moins le vin « local » (qui veut dire, dans cette instance, très fort et pas sucre !) donc, dans l’espace de deux minutes, j’ai mangé deux choses tout à fait nouvelles ! A part ce dîner, la nourriture était moins extrême ; j’ai appris à être moins difficile sur la nourriture et, lors de ma rentrée chez moi, je n’avais plus du mal à manger les légumes. Mélangé avec le sens de famille différent, ces dîners ont formé la base d’une expérience inoubliable pour moi.

Mais, comme j’ai déjà dit, moi et Eric n’étions pas faits l’un pour l’autre et, par conséquence, j’étais parfois isolé pendant mon temps à Lapalisse. Cela a constitué un contrepoint à mon temps et, à cause de cette isolation, ma rentrée à l’Irlande était douce-amère : d’une part, la nourriture et la vie différente me manquait mais, de l’autre part, c’était un plaisir de parler l’anglais une fois encore !